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Une doctrine écrite puis jamais revue devient plus dangereuse que l'ignorance : un collaborateur fait confiance à ce qui est écrit. La veille branche la doctrine du cabinet sur le monde — un texte paraît, les dossiers concernés s'allument, le référent met à jour. Ce guide explique tout : le modèle, chaque écran, chaque bouton, chaque champ.
En faisant le ménage de notre propre veille, nous avons trouvé 3 052 signaux captés et jamais arbitrés. Un seul avait été relu. Plus de la moitié du flux venait de sources hors sujet, et les « douze référents » de la liste étaient en réalité une seule personne portant douze casquettes.
Ce n'était pas de la négligence, c'était structurel. Une veille qui déverse tout sur un humain qui doit tout trier meurt par saturation: l'alerte non triée devient un bruit de fond que plus personne ne lit. C'est l'échec le mieux documenté du métier. Le module a été refait pour que cette saturation soit structurellement impossible— c'est tout l'objet des deux régimes qui suivent.
La bascule tient en une idée. La publication est entièrement automatique ; l'humain n'intervient que sur ce qui mérite d'aller plus loin. Le référent ne trie plus le flux — c'est ça qui empêche la noyade.
Les chaînes lisent leurs sources, l'IA résume chaque texte « pour nos clients », lui pose un niveau, et ça paraît au fil public. Personne n'est une porte de publication. Le collaborateur ouvre Savoirs le matin et lit le journal qui s'est fait sans lui. (Le moteur passe toutes les heures ; en pratique une chaîne quotidienne publie une fois par jour.)
Quand un signal mérite d'aller plus loin — l'IA le propose, ou un collègue le signale — il entre dans la file du référent. Lui seul décide de la suite : une réflexion en communauté de pratique, une note de doctrine, une propagation aux dossiers concernés, un relais. Une poignée par semaine, jamais tout le flux.
La veille est un bien commun : tout le monde y accède, tout est lisible. Mais on ne notifie jamais des personnes — on notifie des dossiers, et les dossiers ont déjà leurs gens. L'accès est universel, l'alerte est ciblée.
L'actualité qualifiée se déverse au jour le jour. On lit, on cherche, on se promène par chaîne. Rien à gérer.
La file d'escalade (le rituel court), le réglage des chaînes, la santé des sources. Le back-office du dispositif.
Il ne va nulle part : la veille vient à lui. « Ce texte touche 3 de tes dossiers », avec le geste à faire — et la trace au fil du dossier.
On ne règle pas « la veille » en bloc. On crée des chaînes — une par grappe de clients ou par domaine. Chaque chaîne est un objet que le cabinet possède et comprend de bout en bout :
Au fil, chaque actualité est une carte. Voici comment la lire — l'exemple est fictif, mais la forme est exactement celle de l'écran.
Impact clients : modifie le conseil de cession pour tout loueur au réel — à porter avant les prochains arrêtés.
L'IA range chaque signal dans l'un de trois niveaux. En cas de doute, elle choisit toujours le plus bas : mieux vaut rater un signal faible que saturer les humains.
Réservé aux référents et aux administrateurs, le poste (onglet Pilotage) tient en trois zones.
Les candidats à trancher — proposés par l'IA, ou signalés par un collègue (avec son motif). Chaque carte montre les dossiers touchés, les porteurs, et son âge en jours ouvrés (au-delà de cinq jours, l'alerte passe au rouge). Cinq boutons décident de la suite :
Le signal rejoint l'ordre du jour du prochain rendez-vous de CoP — pour une décision collective quand le sujet dépasse un seul sachant.
Ouvre un brouillon de note dans Savoirs, pré-titré depuis le signal. La note signée et versionnée devient la doctrine opposable du cabinet.
Résout les dossiers de la cible, montre la liste, et — après votre validation — prévient les porteurs et trace le signal au fil de chaque dossier. Le dernier kilomètre.
Quand une action concrète est due, le signal devient un relais interne à traiter. (Le lien complet vers la conversation arrive dans une prochaine itération.)
Un signal jugé important par l'IA mais sans portée réelle est classé — avec un motif obligatoire. Refuser est un résultat acceptable ; une file où rien n'est jamais refusé n'est pas une validation.
Une carte par chaîne : la santé de ses sources, son volume de la semaine, son délai moyen entre l'escalade et la décision. Un clic ouvre sa fiche. Et une carte « + Nouvelle chaîne» lance l'accompagnement par Léo.
Cinq indicateurs qui disent si la veille tient sa promesse : le délai candidat → décision (la chaîne des cinq jours), les suites réellement données sur les propagations, le volume publié et sa part d'« important », les signalements ⚡ des collègues, les sources muettes ou en erreur.
Cliquer une chaîne ouvre sa fiche — le réglage qui s'explique. Rien n'y est opaque, et chaque modification laisse une trace au journal.
Le pourquoi de la chaîne, rédigé, daté, signé. C'est ce qui distingue une doctrine d'une collection d'onglets. Modifiable — mais tout changement demande un « pourquoi » consigné au journal.
La liste fermée, avec la santé de chacune : ✅ à jour, 🟠 muette (rien depuis 30 jours), 🔴 en erreur. Ajouter ou retirer une source est journalisé.
Deux parties. Le socle, verrouillé et affiché en lecture (« Ce que l'IA reçoit — identique pour tous les cabinets, version 1.0.0 »), garantit une sortie propre. Les instructions libres, éditables, sont vos consignes — « nos clients sont tous à l'IS », « ignorer l'outre-mer ».
Un secteur, un module, ou « tout le cabinet ». La fiche résout et affiche « n dossiers » en direct — c'est cette cible qui borne à qui un signal pourra être propagé.
Ce que déclenche chaque niveau : la cloche pour l'important, la trace au fil du dossier pour le reste. Réglable par chaîne.
L'histoire de la chaîne : qui a changé quoi, quand, pourquoi. « Fermée, datée, motivée » — l'auditabilité par construction.
C'est le geste qui n'existe chez aucun outil du marché : amener le signal jusqu'au dossier concerné, et jusqu'au geste sur ce dossier.
Le verrou.Une propagation ne peut jamais atteindre un dossier hors de la cible de sa chaîne, ni un autre cabinet. Et la liste est montrée avant chaque envoi : pas d'envoi de masse à l'aveugle, jamais.
Deux chemins. Le plus simple : se faire accompagner par Léo depuis l'étape « Mettre en place ta veille » du parcours. Il explique les bases, scanne votre portefeuille pour trouver une grappe, et vous propose des sources motivées — le choix final reste le vôtre. L'autre chemin : « + Nouvelle chaîne » directement au poste.
Où on en est.Huit chaînes ont été reprises de l'ancien système et attendent, en pause, qu'on leur écrive leur motif. Tant qu'une chaîne est en pause, elle ne capte rien et ne notifie personne : l'activer est un geste volontaire, après avoir dit pourquoi elle existe.
Le régime automatique n'a pas d'horloge : il publie en continu. C'est l'escaladequi a un rythme, borné à cinq jours ouvrés — c'est ce qui transforme une intention de veille en engagement de service.
Elles viennent du protocole de veille du cabinet, et chacune répond à une manière connue de rater sa veille.
Douze sources maximum par domaine, chacune datée, chacune motivée. Rien hors liste n'entre dans la doctrine. Une source ouverte « pour ne rien rater » ramène le bruit qui tue la veille.
Une source sans motif rédigé n'a pas sa place. Le motif, c'est ce qui distingue une doctrine d'une collection d'onglets.
Une veille réglée sans personne pour trier devient une boîte de réception morte. Le référent est le sachant qui arbitre.
L'IA propose un niveau ; elle ne décide jamais. La qualification de la machine est toujours étiquetée « (IA) », jamais confondue avec un verdict humain.
Une source ne se garde que si l'un de ses signaux peut changer un geste sur au moins un dossier réel. Sinon, elle sort de la liste.
C'est le risque du régime automatique — et le garde-fou est humain : chaque carte du fil porte « ⚡ Mérite d'aller plus loin ». N'importe quel collaborateur fait remonter un signal dans la file du référent. La vigilance est collective, pas seulement algorithmique. Chaque signalement abouti est aussi une leçon pour affiner les instructions de la chaîne.
Parce qu'une veille ne vaut pas par le volume capté, mais par le tri. Élargir les sources « pour ne rien rater » ramène le bruit, l'équipe sature, et plus personne ne lit — c'est exactement l'histoire des 3 052 signaux. La liste reste fermée ; on l'étend au cas par cas à la revue mensuelle.
Pas encore. Aujourd'hui, par prudence, l'IA ne désigne pas de dossiers précis : quand vous propagez, la cible entière s'affiche et vous cochez à la main. C'est un choix « sûr par défaut » (jamais d'envoi hors périmètre). Une prochaine version pourra proposer les dossiers directement.
La santé le montre au poste : une source muette depuis 30 jours passe en 🟠, une chaîne qui déverse plus de quinze signaux par jour est signalée « trop bavarde ». La revue mensuelle tranche : resserrer la requête, ou sortir la source.
Le signal se publie quand même, marqué « non analysé ». Le fil ne se bloque jamais sur l'IA ; la ré-analyse a lieu au passage suivant.
La norme, en filigrane.Cette mécanique répond à trois exigences d'ISO 30401 : acquérir et tenir à jour la connaissance (§4.4.2), identifier les risques et les opportunités qu'un signal représente (§6.1), et maîtriser l'information documentée jusqu'à sa péremption (§7.5). On ne les récite pas ; on les vit.